Le deuil animalier : Perdre un membre de la famille
Perdre un animal, ce n’est pas quelque chose de banal.
Pour plusieurs personnes, c’est perdre un compagnon de vie, un membre de la famille, une présence qui faisait partie du quotidien depuis des années. Soudainement, on doit s’habituer à une maison plus silencieuse, un changement de routine, mais avant tout, à l’absence de son animal.
Par contre, encore aujourd’hui, le deuil animalier peut être minimisé par notre entourage. On entend encore trop souvent « Ce n’était qu’un animal » ou « Tu pourras en adopter un autre », mais ta peine est légitime.
Il n’existe pas de bonne ou de mauvaise façon de pleurer la perte d’un animal qui comptait pour toi.
L’euthanasie (ou une mort naturelle ?)
Pour certains animaux, la fin de vie arrive naturellement. Pour d’autres, une maladie, une condition chronique ou une diminution importante de leur qualité de vie nous amène à prendre une décision particulièrement difficile : l’euthanasie.
Cette décision n’est jamais facile à faire et vient souvent avec des émotions contradictoires : la culpabilité, la colère, le doute, la tristesse, etc. Par contre, il faut savoir que dans le domaine vétérinaire, on le voit comme une chance de pouvoir abréger les souffrances d’un animal, lui éviter de vivre dans l’inconfort et la douleur.
La mort naturelle – Une meilleure alternative ?
Certaines personnes souhaitent parfois que leur animal meure sans intervention médicale, mais une mort naturelle n’est pas toujours paisible ou sans souffrance pour ton animal. Selon la maladie ou la condition de ton animal, les derniers moments peuvent être accompagnés de douleur, difficulté à respirer, anxiété ou inconfort chez ton animal.
Une question à se poser : Quels types de souvenirs souhaites-tu garder de la mort de ton animal ?
L’euthanasie n’est pas là pour mettre fin à la vie d’un animal, tout simplement parce qu’il est vieux ou malade. Elle vise plutôt à prévenir ou à mettre fin à une souffrance qui ne peut plus être contrôlée par des soins. C’est probablement la décision la plus difficile que tu auras à prendre durant la vie de ton animal, mais c’est aussi la plus courageuse.
Le processus de deuil
On entend souvent parler des différentes étapes du deuil, mais le processus peut varier d’une personne à l’autre. C’est important de se rappeler que la guérison ne sera pas linéaire.
Une journée, tu peux te sentir mieux, puis une autre être submergé par la tristesse. Il n’y a pas de calendrier ou de recette miracle pour traverser son deuil.
Il est normal de ressentir plusieurs choses : la tristesse, la culpabilité, la colère, etc.
La tristesse reliée au manque et au vide dans la maison.
La culpabilité d’avoir pris la décision ou peut-être de ne pas s’être rendu compte avant que ton animal était malade.
La colère contre la maladie, soi-même ou même la vie en général.
N’oublie pas que c’est important de vivre chacune d’elles comme elles viennent. C’est aussi important de ne pas comparer son processus avec les autres. Certaines personnes auront besoin de quelques semaines pour retrouver un semblant de stabilité, et d’autres auront besoin de plus de temps.
C’est normal.
Il n’y a pas de délai à respecter pour aller mieux, et il n’y a pas de mal à demander de l’aider si besoin.
Quand adopter un autre animal ?
Je crois que plusieurs personnes se posent cette question suite à la mort de leur animal. Malheureusement, il n’y a pas de réponse universelle à cette question. Pour certaines personnes, elles auront besoin de temps et pour d’autres, le besoin se fera sentir rapidement.
Il est important d’y aller à son rythme et de se rappeler : Adopter un autre animal ne remplacera pas celui perdu.
Tu peux essayer de te poser les questions suivantes avant de passer à l’action :
Est-ce que j'ai envie d'accueillir un nouvel animal ou est-ce que je cherche à combler immédiatement le vide?
Est-ce que je suis prêt à m'attacher à un nouvel animal avec tout ce que cela implique?
Est-ce que je suis capable d'accepter que ce nouvel animal soit complètement différent du précédent?
Est-ce que les soins et les responsabilités me conviennent actuellement?
Il n’y a pas de bon ou de mauvais moment. L’important est que la décision corresponde à ta réalité et à ce que tu es prêt à vivre
Les souvenirs
Tout le monde est différent et vit ce deuil différemment. Certaines personnes auront besoin de garder en visuels des jouets/accessoires de leur animal, d’autres auront besoin de ne rien voir dans leur quotidien qui leur rappelle.
Il est important de se rappeler que les souvenirs qui font mal aujourd’hui, un jour te feront sourire. Son collier, ses jouets, ses empreintes ou tout simplement des anecdotes sur sa vie, ce sont des souvenirs qui vont te permettre de ne jamais l’oublier.
Parce que faire son deuil, ce n’est pas d’oublier ton animal, mais d’apprendre à vivre sans sa présence physique.
La perte d’un animal peut laisser un vide immense. Et même si la société ne reconnaît pas toujours la profondeur de ce deuil, cela ne rend pas ta peine moins réelle.
Prends le temps dont tu as besoin. Pleure lorsque tu en as besoin. Parle de lui. Garde des souvenirs. Et surtout, ne culpabilise pas d’avoir mal.
Parce que derrière cette douleur se trouve aussi quelque chose de précieux : l’amour et le lien que vous avez partagé. Ton animal n’aura peut-être pas été présent toute ta vie, mais il aura été une partie de ta vie. Et ça compte.